Les techniques culturales en permaculture

Après avoir pris connaissances des bases de la permaculture puis de ses principes agricoles, voici plus concrètement les techniques à utiliser en permaculture.

L’application de ses techniques sont une bonne base pour démarrer un jardin potager en permaculture ou même une exploitation agricole mais il ne faut pas oublier de respecter les principes associés, sans quoi la permaculture n’est pas complète.


La culture en butte

On associe souvent la permaculture avec la culture en butte mais ce n’est pas une obligation.

Différentes techniques existent pour créer une butte (sorte de monticule allongé arrondi au sommet) d’environ 50 cm de haut sur 1,20 m de large. La plus fréquente est réalisée avec la terre retirée des 2 côtés et déposée au milieu des deux tranchées ainsi formées.

Différents matériaux peuvent y être ajoutés comme du compost. Si la butte demande un travail important au début, elle dure plusieurs années et présente de nombreux avantages qui en font une technique très appréciée.

Une fois réalisée, elle requiert très peu de travail par la suite. En effet le sol n’est jamais bêché car la terre est maintenue meuble grâce à l’apport constant de matière organique qui se transforme en humus enrichissant le sol. De plus les espèces végétales non-désirées y sont peu nombreuses et faciles à éliminer.

La surface cultivée est plus importante que sur un sol plat car on cultive sur le sommet et aussi sur les côtés. De plus on peut planter plus serré.

Le sol se réchauffe plus vite au printemps car les bords obliques captent mieux l’énergie solaire, ce qui permet de semer plus tôt. Cette méthode est particulièrement bien adaptée à des sols lourds car elle favorise le drainage et évite ainsi certaines maladies favorisées par un sol humide lors de périodes pluvieuses. En revanche il faut veiller au dessèchement en été sur une terre filtrante et insuffisamment paillée.

Le dernier avantage, c’est que le travail manuel est facilité puisqu’il y a moins besoin de se baisser.

La culture en lasagne

C’est une variante de la culture en butte.

La lasagne se présente sous forme d’un monticule allongé issu de la superposition de couches de différents matériaux qui vont se dégrader au fil du temps pour nourrir les plantes. Les matériaux les plus grossier sont posés à même le sol (branches issues de tailles, troncs d’arbustes, etc). Différentes couches sont superposées en utilisant des matériaux de plus en plus fin (fumier, pailles, déchets de cuisine, feuilles mortes, etc) pour finir par une couche de compost de quelques centimètres.

Ce substrat extrêmement riche permet d’obtenir des rendements exceptionnels sur une surface très réduite.

La forêt jardin

Elle est inspirée des pratiques de l’agriculture vivrière en milieu tropical.

Les fruits et les légumes sont produits à différents étages de végétation : les tubercules au niveau du sol, les plantes herbacées comme les salades, les poirées, la menthe, l’épinard, etc, à un stade intermédiaire, on trouve les arbustes et les petits fruits (mûres, framboises, groseilles, etc), les lianes (kiwi, vigne, etc), puis à la strate supérieure, les grands arbres principalement fruitiers.

Les arbre offrent de nombreux avantages. Leurs racines maintiennent le sol en place et empêchent l’érosion de la terre arable tout en facilitant la pénétration de l’eau. Ils enrichissent le sol de deux façons, avec leurs racines qui vont chercher les éléments nutritifs en profondeur et via les feuilles qui en tombant et se décomposant les restituent. Ils servent également de support pour les champignons desquels ils reçoivent des éléments nutritifs. Les arbres permettent d’obtenir des fruits, du bois de chauffage, du bois d’oeuvre, etc.

Il existe de nombreuses possibilités combinant les plantes potagères et les arbres : les forêt-jardin, les vergers maraîchers, les haies fruitières, etc.

Le jardin mandala

Le mandala est un motif indo-tibétain circulaire symbolisant l’univers.

Les jardiniers s’en sont inspirés pour créer les jardins mandalas composés de plantes à thèmes : potagères, fleurs, plantes aromatiques, etc, entourés d’une bordure qui délimite le jardin, en même temps qu’elle symbolise une production.

Souvent esthétiques, ils sont une source de nourriture aussi bien pour le corps que pour l’esprit. Comme ce jardin a aussi une portée symbolique, il faut respecter certaines règles pour le créer. Les mandalas ont 4 portes correspondant aux 4 points cardinaux et ils sont divisés en 4 parties correspondant chacune en un des 4 éléments que son l’eau, le feu, l’air et la terre.

Autour du point central, occupé par une fontaine, une sculpture ou une pierre dressée, les plantes seront disposées en carré, triangle ou cercle dans les emplacements correspondant à l’élément auquel elles sont associées. La dimension du jardin mandala peut varier d’1 m à plusieurs dizaines de mètres de diamètre. Ils peuvent être surélevés et paillés.

D’autres conceptions existent comme le jardin « en trou de serrure » qui permet d’avoir accès à toute la surface cultivée d’une parcelle, sans avoir à la piétiner, ou encore la plate-bande en cratère qui met à l’abri les plantes frileuses des vents froids.

La spirale de plantes aromatiques

La permaculture s’inspire fortement des formes géométriques que l’on trouve couramment dans la nature. La spirale de plantes aromatiques illustre bien la philosophie de la permaculture en optimisant au mieux les potentialités d’un espaces car son but est de créer des microclimats spécifiques aux plantes aromatiques.

Elle se présente sous la forme d’un muret bâti en spirale qui commence au niveau du sol et s’élève progressivement vers le centre. Le tout mesure environ 2 m de diamètre et de 80 cm à 1 m au point le plus haut. L’intérieur est garni de gravats et de sable et d’une couche de terreau ou de terre en surface. Les pierres emmagasinent la chaleur du soleil et la restituent la nuit. Il en résulte différents microclimats selon le lieu où l’on se situe sur la spirale.

Les endroits les plus chauds et secs et bien ensoleillés sont au sommet de la spirale tandis que les zones constamment à l’ombre seront plus fraîches. Un gradient d’humidité s’établit aussi le long de la spirale. Les plantes aromatiques sont donc plantées ou semées sur tout le parcours de la spirale en fonction de leur préférence. Le thym, le romarin, la lavande, etc se trouveront plutôt en haut de la spirale alors que la menthe, la mélisse, l’oseille, etc, se retrouveront plutôt en bas.

L’intégration des animaux

On intègre souvent des animaux domestiques dans un système en permaculture et ils participent pleinement à l’équilibre de l’ensemble. Pour cela, les animaux ne doivent pas être enfermés dans un espace clos.

Les poules et les canards contribuent à nettoyer le sol de nombreux parasites, limaces, vers, chenilles, etc et leurs déjections fertilisent le sol. De plus ils fournissent également des œufs qui peut représenter une autre source de nourriture.

Si la totale liberté n’est pas possible, les poules peuvent être placées dans un enclos mobile qui permettra de modifier régulièrement leur aire d’action.

D’autres animaux de ferme peuvent être intégrés comme les lapins, les ânes, les chèvres, les moutons, les cochons. Tous ces animaux apportent déjections qui fertilisent le sol. Les cochons remuent également la terre et font le même travail qu’un bâchage.

L’utilisation d’une mare

Une mare est un vivier pour beaucoup d’espèces animales mais aussi végétales. Elle peut abriter de nombreux auxiliaires de culture tels que les batraciens, les crapauds, les grenouilles, les salamandres, les tritons, etc.

Elle peut être une source d’approvisionnement en eau pour le jardin également.


En permaculture, il ne faut pas hésiter à combiner les pratiques et les techniques pour garantir un meilleur rendement avec un minimum d’intrans et de travail.

La culture associée notamment combinée à ces techniques et très intéressante et efficace. De même l’absence de lutte biologique permettra à long terme de préserver un écosystème très prolifique.

Afin de mieux connaître les processus à l’oeuvre dans son jardin potager, il est intéressant de s’initier à la biodiversité par l’observation et approfondir ses connaissances dans tout ce qui vit autour : les auxiliaires de culture, les pollinisateurs, la vie du sol, etc.

Crédit photo : 
hardworkinghippy : La Ferme de Sourrou on VisualHunt.com / CC BY-SA
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Lukas from Pexels
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