Reforestation : la méthode Miyawaki

« La reconstitution de forêts indigènes par des arbres indigènes. »

jnk.jpg

Le docteur Akira Miyawaki est un botaniste japonais, expert en écologie végétale et spécialiste des graines et de l’étude de la naturalité des forêts. Il est mondialement réputé en tant que spécialiste de la restauration d’une végétation naturelle sur des sols dégradés industriels, urbains ou péri-urbains.

En se référant à la « végétation potentielle naturelle », il a développé, testé et affiné une méthode de génie écologique, connue sous le nom de « méthode Miyawaki », permettant de restaurer des forêts indigènes à partir d’arbres natifs sur des sols sans humus, très dégradés ou déforestés. En appliquant cette méthode, il a lui-même permis la restauration de grandes surfaces de boisements protecteurs sur plus de 1300 sites au Japon et dans divers pays tropicaux, y compris en ville, en zone industrielle ou portuaire.


Les origines de la méthode

Akira Miyawaki a d’abord constaté que les forêts japonaises étaient bien souvent composées de résineux alors qu’elles devraient plutôt être constituées de feuillus. Puis il s’est rendu compte que ces arbres étaient introduits par les botanistes eux-mêmes qui pensaient qu’il s’agissait d’espèces endémiques.

Ceci l’a conduit à penser la forêt autrement que comme une source de verdure, de loisirs ou de bois et à s’intéresser à l’importance de la naturalité des zones boisées et aux fonctions de la diversité et de la complémentarité des essences.

Après quelques premiers essais, il a montré que les plantations dont la composition et la structure étaient proches des forêts sans activité humaine poussaient rapidement et surtout étaient très résilientes écologiquement. Il propose ensuite un « plan de restauration des forêts indigènes » permettant la restauration de « Forêt de protection environnementale, de ressource en eau et contre les risques naturels ».

De nombreux experts estiment que la restauration rapide d’une forêt est impossible ou très difficile sur un sol désertifié. Miyawaki a prouvé le contraire grâce à un choix judicieux d’essences pionnières et secondaires autochtones, mycorhisées et très densément plantées.

La méthode et les conditions de réussite

La méthode Miyawaki nécessite des respecter des conditions pour réussir :

  • Etude initiale rigoureuse du site et de la végétation naturelle potentielle correspondant
  • Repérage et collecte localement ou à proximité et dans un contexte géoclimatique comparable d’un grand nombre de graines d’essences natives diversifiées et adaptées au contexte édaphique (sol, climat)
  • Germination en pépinière
  • Préparation du substrat s’il est dégradé et plantation sur des buttes pour les espèces à racines pivot qui nécessite un sol de surface bien drainé. Les flancs et les creux de la butte peuvent être plantés avec des espèces plus ubiquiste ou à racine superficielles ou appréciant des sols engorgés
  • Plantation respectant la biodiversité initiale inspirée de celle du modèle de la forêt naturelle. Les plantations sont inhabituellement denses, de plants très jeunes mais dont le système racinaire est déjà à maturité. Cette densité favorise la compétition entre espèces et les relations phytosociologiques.
  • Plantations réparties dans l’espace cherchant à copier la manière dont les plants seraient répartis dans une clairière ou en lisière de forêt naturelle (surtout pas en alignement ou en quinconce).

Les résultats

Si cette méthode est bien appliquée, on obtient rapidement une forêt multistrate avec un sol dont la composition microbienne et en acariens est proche de celle de la forêt primaire normale.

Grâce à cette méthode, il est possible d’obtenir une forêt restaurée avec une structure ressemblant fortement à la forêt indigène en seulement 20 ou 30 ans, là où il en faudrait 150 à 200 ans.

Miyawaki a testé cette méthode plus d’un millier de fois et à chaque fois, il a réussi rapidement à restaurer un couvert végétal dense.

methode-akira-miyawaki-reforestation-arbres-4

Cette méthode a été présentée au Sommet de la Terre de 1992 et dans le colloque « Biodiversité » de l’Unesco à Paris en 1994 mais reste encore méconnue et peu utilisée dans le monde occidental.

Le docteur Akira Miyawaki a même été récompensé pour cette méthode par le Prix Blue Planete en 2006, qui est l’équivalent du Prix Nobel d’écologie.

Des entreprises et des associations se sont tout de même emparées de cette méthode telle qu’Urban Forest afin de recréer des forêts naturelles rapidement.

Crédit photo : Photo by Byron Johnson on Unsplash
%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close