La culture associée

Qu’est-ce que la culture associée ?

La culture associée (ou « plantes compagnes ») est une méthode de culture associant plusieurs espèces ou variétés végétales sur la même parcelle en même temps.

Ces plantes sont associées car elles ont des interactions d’entraide directes ou indirectes, telles que la fertilisation des sols, la protection contre les ravageurs ou les plantes non-désirée, l’attraction d’auxiliaires de culture, de pollinisateurs, etc.


Types d’association

  • Association variétale

Il est possible d’associer différentes variétés d’une même espèce pour rendre la culture plus résistante aux maladies.

Exemple : Le champignon, Mycosphaerella graminicola, provoquant la spetoriose du blé se développe plus ou moins rapidement selon la sensibilité de la variété utilisée. Le mélange des variété permettra de ralentir son développement tout en gardant un bon rendement.

  • Association d’espèces

De nombreuses espèces peuvent être associées pour créer une synergie. Celle-ci va permettre à l’une ou au deux plantes un meilleur développement sans intervention extérieure. Cette synergie peut être de différentes natures.

Exemples :0ebc914a0caeec2a3be77ec2246eac13

L’association pois protéagineux – blé permet au blé de bénéficier de l’azote rendu plus disponible dans le sol par le pois et au pois de bénéficier d’une barrière contre les contaminations secondaires.

De la même façon, l’association haricot – maïs permet au maïs de bénéficier de l’azote rendu disponible par le haricot et au haricot de bénéficier d’un support pour se développer.

Certaines vont permettre de repousser les ravageurs de la culture principale, on parle de « plante auxiliaire« . D’autres vont être plus attirantes pour les ravageurs de la culture principale et va donc être placée pour être « sacrifiée », on parle de « plante piège ».

Exemple : Le basilic protège contre l’apparition du mildiou du concombre et attire les pollinisateurs.

Certaines plantes se développent près du sol et sont très couvrantes, elles permettent donc de limiter le développement de plantes non-désirées par manque de luminosité. D’autres plantes vont produire des substances allélopathique, des molécules, qui vont se diffuser dans le milieu et empêcher ou limiter la pousse de certaines plantes non-désirées.

Exemple : Les racines d’œillet d’Inde ont un effet répulsif sur certains nématodes du sol.

  • Association avec des cultures pérennes

L’association de plantes peut aussi se faire avec une culture en place qui reste plusieurs années. Ces associations permettent par exemple de diversifier facilement les sources de revenu, d’être résilient face à des défaillance accidentelle suite à des incidents climatiques, de maladies ou de ravageurs, etc.

L’agroforesterie est une association d’espèces sylvicoles ou arboricole avec des cultures annuelles. Ces plantes ayant des besoins nutritifs différents voir complémentaires elles peuvent être placées ensemble et ainsi maximiser les rendements du sol.

Exemple : Du hautain et du ray grass sont placés entre les rangs de pommiers pour servir d’alimentation à un élevage.15422551730_dcb99bf2a0_c

 

Le semis sous couvert végétal permanent (replanté tous les 3 à 5 ans) permet de piéger les nitrates et de limiter les plantes non-désirées. On récolte la culture annuelle en laissant le couvert végétale en place.

On peut aussi semer une plante auxiliaire qu’on va laisser de façon permanente. Cette espèce ne sera pas récoltée car elle a un intérêt pour la culture principale, par exemple servir de réservoirs de biodiversité, attirer davantage les ravageurs, etc.

Exemple : Des bandes fleuries permettent d’assurer à la culture principale une meilleur pollinisation de ses fleurs.

Il existe un dernier type de plante, appelée plante relais. Ces plantes sont présentes de manière permanente afin de prendre le relais une fois que la culture a été récoltée pour la survie des auxiliaires de la culture principale.

Exemple : L’Inule visqueuse prend le relais pour la survie hivernale des hyménoptères parasitoïdes de la mouche de l’olive.


L’association de plantes étaient une pratique courante aux origines de l’agriculture mais ces techniques ont progressivement laissé place à la monoculture et à l’utilisation d’intrants (engrais et produits phytosanitaires). Cependant elles sont de nouveau utilisées aujourd’hui dans des systèmes de culture durable telle que la permaculture, l’agroécologie, l’agriculture biologique, etc.

La technique des « trois sœurs » est une technique utilisée par les amérindiens qui consiste à cultiver de la courge, du maïs et des haricots. En Europe, on pratiquait la joualle qui consiste à associer de la vigne poussant sur des arbres fruitiers avec plusieurs autres cultures entre les rangs d’arbres.

Utiliser ces techniques est une bonne méthode pour réduire l’utilisation de produits phytosanitaires. Pour les rendre plus efficace encore, il faut éviter toute lutte, même biologique, contre les ravageurs et laisser le temps à l’écosystème de s’équilibrer seul.

Crédit photo : agforward on Visualhunt / CC BY-NC-SA
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