La pollution lumineuse

Tout comme la pollution sonore, la pollution lumineuse a de multiples impacts négatifs sur la biodiversité animale et végétale.

A partir du moment où la luminosité artificielle dépasse la luminosité naturelle, elle devient une source de déséquilibre pour le système originel. La lumière artificielle n’a bien évidemment pas le même impact le jour et la nuit mais elle n’a aussi pas le même impact au crépuscule ou en pleine nuit, un nuit de pleine Lune ou une nuit sans Lune.

La pollution lumineuse n’a pas un effet que sur la faune sauvage mais également sur la faune domestique et sur la santé humaine. L’omniprésence de lumière entraîne des troubles du sommeil et des conséquences sur notre santé. De plus elle limite notre capacité à observer les étoiles et les paysages nocturnes.

La trame noire est l’ensemble des corridors écologiques caractérisés par une certaine obscurité. Son objectif est de garantir une continuité obscure pour les espèces nocturnes.


Les impacts négatifs sur la faune :

  • L’éblouissement

La lumière artificielle est une source d’éblouissement pour les espèces nocturnes dites nyctalopes, qui ont la capacité de voir dans la pénombre. Ces animaux ont des yeux adaptés à de faibles intensités de lumière et souvent indirectes.

Cet éblouissement peut avoir comme conséquence une perte de repères momentanée voire une vision irréversiblement altérée qui favorisent la mortalité directe des individus ou au moins les pénalisent dans leurs activités.

Exemple : La chouette effraie se trouve figée par la lumière des phares des véhicules sur les routes et entre fréquemment en collision avec les voitures. C’est la première cause de mortalité de cette espèce en France.

  • La perte de repère ou de moyen de communication

La lumière artificielle peut aussi perturber les comportements des espèces qui utilisent la lumière comme repère ou comme moyen de communication.

Elle peut les empêcher de voir des éléments lumineux qui leur permettent habituellement de se repérer ou de communiquer entre eux. Ils peuvent aussi parfois être attirés par des leurres qui les perturbent les activités et dont ils peuvent se retrouver piégés.

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Source : Réseau tortues marines Guadeloupe FWI

Exemples :

Les oiseaux migrateurs ne peuvent plus se repérer avec les étoiles à cause de l’halo lumineux présent au-dessus des villes. Ils sont aussi parfois attirer par des leurres tels que les tours éclairées ou les phares lumineux.

C’est également la même chose pour les insectes qui se repèrent avec la Lune et qui sont attirés par les lampadaires. Ils se retrouvent souvent piégés et deviennent une proie facile pour les prédateurs. S’ils ne sont pas chassés, ils sont souvent brûlés par les rayons lumineux ou ils meurent d’épuisement.

Les lucioles quant à elles utilisent des signaux lumineux pour communiquer avec leur partenaire qui sont totalement inefficace dans un milieu éclairé.

  • La désynchronisation biologique

La lumière est un synchroniseur biologique et elle entretient l’équilibre veille/sommeil des animaux. La pollution lumineuse devient donc une source de déphasage entraînant une suractivité, une reproduction altérée ou des déplacements provoqués.

  • La modification des aires de répartition

A long terme, la lumière modifie les aires de répartition des espèces et l’équilibre écosystémique. Certaines espèces fuient la lumière artificielle, on dit qu’elles sont lucifuges.

Exemple : Les chauves-souris ont besoin d’évoluer dans un milieu où le noir de la nuit est présent.

D’autres espèces ne vont pas fuir la lumière mais sa présence va déséquilibrer les rapports de prédation rendant les proies plus visibles par les prédateurs ou même les piéger, comme pour les insectes. Les prédateurs seront alors concentrés dans les zones éclairées afin de bénéficier de cet avantage et les proies vont limiter leurs activités pour se protéger.

Les impacts négatifs sur la flore

  • La dérégulation du cycle de vie

Pour la flore, le rôle régulateur de la lumière sur le cycle de vie des plantes se trouve perturbé par la pollution lumineuse. La lumière prolonge aussi l’activité photosynthétique des végétaux provoquant un déséquilibre de leur activité.

  • La désynchronisation des plantes/pollinisateurs

De plus certaines plantes ont coévolué avec des pollinisateurs afin de s’assurer une meilleure reproduction qui dépend de la période de la journée qui se trouve entravé par la lumière artificielle.

Exemple : Le lierre et le liseron des haies ouvrent leurs fleurs au crépuscule quand les papillons de nuit sont actifs.


Actuellement, la pollution lumineuse fait désormais des sujets de préoccupation liés à l’éclairage public et des bâtiments non résidentiels. Depuis juillet 2013, l’éclairage intérieur et extérieur des bureaux et des commerces est réglementé la nuit. Depuis février 2017, les communes peuvent obtenir le label « villes et villages étoilés » décerné par l’ANPCEN (Association National pour le Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturnes).

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Source : futura-sciences

Des innovations pourraient aussi permettre de limiter le gaspillage et la pollution lumineuse lié à l’éclairage public comme Tvilight, un lampadaire intelligent qui s’allument en présence de véhicule ou de piéton.

Chacun de nous peut aussi contribuer à la diminution de cette pollution en limitant l’éclairage extérieur et intérieur de nos bâtiments résidentiels ainsi qu’en éteignant systématiquement les lumières au travail ou dans les lieux publics. Limiter ses déplacements en voiture la nuit permettrait aussi de diminuer son impact sur la faune nocturne.

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Crédit photo : jacsonquerubin on Visual Hunt /CC BY-NC-SA
Crédit photo de couverture : Jonathan Kos-Read on Visualhunt.com / CC BY-ND
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