Les Espèces Exotiques Envahissantes

Certaines espèces d’animaux ou de végétaux originaires d’autres continents et introduits, volontairement ou involontairement, par l’Homme en France peuvent présenter une réelle menace pour notre biodiversité.

Leur présence peuvent entraîner de la prédation, de la compétition, de la transmission de maladies, de l’hybridation (croisement) avec les espèces locales mais aussi une modification des milieux naturels, une altération des services rendus par la nature, etc. Ils peuvent également occasionner des impacts négatifs sur les activités économiques (agriculture notamment) voire sur la santé humaine.

Qu’est-ce qu’une espèce exotique envahissante (EEE) ?

Une espèce exotique envahissante est une espèce allochtone (non indigène) qui représente une danger pour l’écosystème.

L’invasion biologique désigne le processus d’extension d’air géographique de distribution d’une espèce partant d’un région vers une autre, capable de se reproduire dans la nouvelle région et d’y développer des populations pérennes. L’invasion biologique se détermine en trois phases : arrivée, établissement, extension.

On distingue deux cas pour l’introduction d’espèces exotiques par l’homme :

  • Les invasions biologiques volontaires : qui résultent notamment de l’importation d’espèces animales domestiques sur l’ensemble des continents pour l’accompagner ou pour tenter de réparer une erreur passée, en ajoutant un nouveau problème.

Exemple : L’introduction d’une espèce prédatrice pour enrayer l’expansion d’une espèce proie introduite par le passé, et dont le succès occasionne des dégâts sur le milieu naturel. Cette nouvelle introduction ajoute de ce fait une nouvelle espèce exotique qui peut également réussir et occasionner à son tour un impact fort.

  • Les invasions biologiques involontaires : qui résultent des activités humaines qui ont provoqué de manière non volontaire l’introduction d’espèces dans de nouvelles aires géographiques.

Parmi les espèces exotiques, certaines peuvent devenir envahissantes et avoir un impact sur la faune, la flore et le milieu. Ces espèces ont une caractéristique commune : une forte plasticité écologique leur permettant de s’adapter facilement à tout type de milieux, contrairement aux espèces indigènes qui sont adaptées uniquement à la zone biogéographique dont elles dépendent. Ceci explique leur plus grande sensibilité en cas de changements des conditions de milieux, quelqu’en soit l’origine.

D’après Richarson et al. (2000), une espèce doit franchir plusieurs étapes avant d’être classée comme envahissante. Ces étapes sont déclinées en « barrière » à franchir :

  • La barrière géographique (L’introduction) : L’espèce doit être introduite en dehors de son espace naturel.
  • La barrière environnementale (L’acclimatation) : L’espèce doit s’acclimater aux conditions biotiques (prédateurs, pathogènes, ressources trophiques) et abiotiques (climat, ressources, habitats) de son nouvel environnement et survivre.
  • La barrière de reproduction (naturalisation) : L’espèce doit être capable de se reproduire et de former une population viable.
  • La barrière de dispersion : L’espèce doit se propager et coloniser de nouveaux espaces sinon elle reste une espèce exotique non invasive.
schema_EEE_barrieres

Selon la définition des EEE, on ne parlera d’espèce invasive ou exotique envahissante qu’en cas d’impacts économique, sanitaire et/ou écologiques.


La réglementation

Une nouvelle réglementation, traduction en droit français de la réglementation européenne, est entrée en vigueur en France en 2018 pour limiter les effets négatifs.

Elle définit une première liste de 49 espèces dont 26 animales et 23 végétales.

Pour toutes les espèces identifiées par la réglementation, il est interdit de :

  • les introduire en France
  • les utiliser
  • les transporter vivantes
  • les détenir
  • les échanger
  • les commercialiser

Si vous détenez une espèce animale de compagnie inscrite sur la liste (hors crustacés et insectes) :

  • Vous pouvez la conserver pour un usage récréatif et non lucratif jusqu’à sa mort naturelle.
  • Vous devez la déclarer auprès de la préfecture du département du lieu de détention avant juillet.
  • Vous devez la faire marquer.
  • Vous devez vous assurer qu’elle ne pourra pas se reproduire ni s’échapper.
  • Vous ne pouvez ni l’échanger ni la commercialiser ni acquérir de nouveaux individus.

Si vous détenez des crustacés ou des insectes inscrits sur la liste :

  • Vous êtes invités à les faire éliminer, en prenant soin d’éviter toute douleur, détresse ou souffrance.

Si vous détenez une espèce végétale inscrite sur la liste :

  • Vous êtes invité à la détruire en prenant soin d’éviter sa propagation.

Si vous observez dans la nature une espèce inscrite sur la liste :

  • Vous pouvez signaler vos observations sur l’application mobile INPN Espèces.

Tout non-respect des dispositions portant sur les animaux ou végétaux figurant sur ces listes, et notamment leur libération dans la nature, peut donner lieu à une peine d’emprisonnement allant jusqu’à 2 ans et une amende allant jusqu’à 150 000€.


La liste des EEE animales (en France métropolitaine)

Les amphibiens :

  • La grenouille-taureau (Lithobates catesbeianus)

Les Crustacés décapodes :

  • Le crabe chinois (Eriocheir sinensis)
  • L’écrevisse américaine (Orconectes limosus)
  • L’écrevisse à pinces bleues (Orconectes virilis)
  • L’écrevisse de Californie (Pacifastacus leniusculus)
  • L’écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii)

Les insectes :

  • Le frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax)

Les mammifères :

  • Le coati roux (Nasua nasua)
  • L’écureuil à ventre rouge (Callosciurus erythraeus)
  • L’écureuil fauve (Sciurus niger)
  • L’écureuil gris (Sciurus carolinensis)
  • La mangouste de Java (Herpestes javanicus)
  • La muntjac de Reeves (Muntiacus reevesi)
  • Le ragondin (Myocastor coypus)
  • Le tamia de Sibérie (Tamias sibiricus)
  • Le raton laveur (Procyon lotor)
  • Le rat musqué (Ondatra zibethicus)
  • Le chien viverrin (Nyctereutes procyonoides)

Les oiseaux :

  • L’erismature rousse (Oxyra jamaicensis)
  • Le corbeau familier (Corvus splendens)
  • L’ibis sacré (Threskiornis aethiopicus)
  • L’ouette d’Egypte (Alopochen aegyptiacus)

Les poissons :

  • Le pseudorasbora (Pseudorasbora parva)
  • Le goujon de l’Amour (Perccottus glenii)

Les reptiles :

  • La tortue de Floride (Trachemys scripta)

La liste des EEE végétales (en France métropolitaine)

Les plantes aquatiques d’eau douce :

  • L’éventail de Caroline (Cabomba caroliniana)
  • Le grand lagarosiphon (Lagarosiphon major)
  • L’hydrocotyle fausse-renoncule (Hydrocotyle ranunculoides)
  • La jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes)
  • La jussie rampante (Ludwigia peploides)
  • La jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora)
  • La myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum)
  • L’élodée de Nuttall (Eleodea nuttallii)
  • La myriophylle à feuilles hétérogènes (Myriophyllum heterophyllum)

Les plantes terrestres et de milieux humides :

  • La balsamine de l’Himalaya (Impatiens glandulifera)
  • La berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum)
  • La gunnéra du Chili (Gunnera tinctoria)
  • L’herbe des alligator (Alternanthera philoxeroides)
  • L’herbe à échasses japonaise (Microstegium vimineum)

Les plantes terrestres :

  • L’herbe à la ouate (Asclepias syriaca)
  • L’herbe aux écouvillons (Pennisetum setaceum)

Attention : L’utilisation du terme « espèce » exotique envahissante et un abus de langage. Le terme plus approprié est « population ». Une « espèce » inclut toutes les populations de l’espèce, celles qui vivent dans leur espaces naturels et celles qui ont été introduites. Cependant c’est bien les populations allochtones qui peuvent être envahissantes et pas les autres. De plus les autres populations peuvent éventuellement être en déclin dans leur espace naturel.

Crédit photo : stanzebla on VisualHunt / CC BY-SA
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